22 juillet 2008
FRANCOIS BAYROU SUR RMC LE 22 JUILLET
« Deuxièmement, est-ce qu'on a une indépendance de la justice ? Rien n'est changé et même plutôt aggravé de ce point de vue là. Et troisièmement, est-ce que la Constitution garantit l'indépendance des médias ? La réponse est non. Donc sur les trois grands sujets de notre démocratie française, il n'y a eu aucun progrès. Donc j'ai voté non ».
« Une des raisons pour lesquelles j'ai voté contre ce texte, c'est qu'il y a des pièges dans ce texte pour nos institutions, et qui se révèleront au fur et à mesure que nous avancerons. Le piège principal selon moi, on le découvrira le jour où Sénat et gouvernement ne seront pas du même bord. Or, en fonction du mode électoral du Sénat, comme vous le savez il est à peu près fatale que dans les années qui viennent Sénat et gouvernement ne soient pas du même bord ».
« Ce jour-là, il y aura des germes de blocage très important dans nos institutions et, je crois que beaucoup de gens le savent, on en découvrira le caractère pernicieux lorsque ces choses se révèleront. A court terme, il ne se passera rien, mais à long terme il y a des risques de blocage. Le Président de la République va avoir ce pouvoir, que j'ai toujours considéré comme secondaire, de pouvoir s'exprimer devant les députés et les sénateurs réunis en Congrès à Versailles. Ca sera un show de plus mais ça ne changera pas et je ne me suis pas opposé à ce point de la réforme ».
« Mais il y des millions de français qui ne sont pas représentés comme ils devraient l'être. Je prends un exemple très bête : vous êtes de gauche à Neuilly, votre voix ne sert jamais à rien. Vous êtes de droite ou du centre à Saint-Denis, votre voix ne sert jamais à rien. Pourquoi est-ce que ces citoyens là n'ont pas le droit d'être représentés dans la démocratie française ? Qu'est-ce qui justifie que le fait que vous soyez dans une zone acquise à l'autre camp rende votre voix inutile ? Vous vous rendez bien compte que ça ne va pas ».
« Moi j'aurais mis un contingent raisonnable, j'avais proposé 10%, de sièges qui représentent tous les courants des partis politiques français. La voix du neuilléen de gauche serait prise en compte, la voix des minoritaires serait prise en compte ».
la vidéo sur son commentaire pour l'affaire Crédit Lyonnais/Tapie ici
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19 juillet 2008
FRANCOIS BAYROU INTERVIEW SUR LE PARISIEN DU 19 JUILLET
ALORS que l'issue du Congrès sur la révision des institutions, réuni lundi à Versailles, est totalement incertaine, le président du MoDem nous explique pourquoi il ne votera pas le texte. Pourtant un dernier coup de pouce aux réfractaires et aux hésitants pourrait surgir : le Premier ministre, François Fillon, devrait, dit-on, annoncer l'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives... ce dont l'UMP n'a jusqu'ici jamais voulu.
Mais la Constitution « n'est pas le poker menteur » rétorque Bayrou, qui dénonce « des pressions » sur les parlementaires, dont chaque voix est précieuse pour l'Elysée.
Les avancées proposées par Nicolas Sarkozy sur la réforme des institutions sont-elles suffisantes ?
François Bayrou. J'étais prêt à voter une réforme de la Constitution sérieuse, équilibrant exécutif et législatif, assurant l'indépendance du pouvoir judiciaire et garantissant que les médias ne puissent être mis sous influence de l'Etat ou des puissances d'argent. Aucun de ces éléments fondamentaux n'a été réellement traité. En particulier, l'exigence d'une loi électorale juste qui permette à tous les grands courants d'être présents au Parlement a été méprisée.
François Fillon doit s'exprimer d'ici à lundi. On le dit prêt à de nouvelles concessions. Lesquelles ?
On parle de la proportionnelle aux élections législatives... Mais est-ce qu'une telle déclaration de dernière minute serait sérieuse ? La réforme de la Constitution ce n'est pas le poker menteur ! J'attendrai de voir.
Quelles mesures alors trouvent grâce à vos yeux ?
Il y a une chose positive dans ce texte, c'est la possibilité pour le citoyen de faire valoir qu'une loi n'est pas conforme à la Constitution. Cela irait dans le bon sens.
Les nouveaux droits conférés au Parlement ne vous ont pas convaincu ?
Ce sont surtout des droits nouveaux pour le parti du président ! Et on sème des germes de blocage de nos institutions pour le futur. On le verra le jour où gouvernement et Sénat ne seront plus du même bord, ce qui est immanquable en raison du mode de scrutin. Tous ces marchandages ont conduit à légiférer sans penser au long terme.
« On a distribué carotte et bâton. Ce chantage s'est fait à ciel ouvert »
Bernard Accoyer dit que ce Congrès sera soit une refondation soit une occasion manquée. Et vous ?
J'aurais voulu une refondation. J'ai milité pour un meilleur équilibre de la République. A mes yeux on n'y est pas arrivé. Et tous ces chantages le prouvent.
Y a-t-il eu des pressions du pouvoir sur les parlementaires rétifs ?
Il y a eu une organisation de pressions sans précédent ! Aux uns on a promis des secrétariats d'Etat, aux autres des avantages pour leur circonscription, d'autres encore ont été menacés d'un redécoupage leur faisant perdre leur siège. On a distribué carotte et bâton. Ce chantage s'est fait à ciel ouvert.
Des avantages ont été promis aux sénateurs centristes ?
Pas seulement à eux !
Sur l'Europe, l'Irlande doit-elle revoter ?
Qu'auraient dit les Français si, après leur « non » au traité européen, un premier ministre scandinave ou une autorité bruxelloise leur avaient dit qu'ils devraient revoter jusqu'à ce qu'ils disent oui ! L'humiliation aurait été intolérable. Pourquoi alors s'adresser ainsi à des Irlandais qui sont tout aussi fiers que nous ? On s'autorise à leur parler sur ce ton simplement parce qu'ils sont moins nombreux. Cette attitude est nuisible. Tous les peuples européens doivent être considérés à égalité de dignité.
Pourquoi l'indemnisation de Bernard Tapie vous indigne tant ?
C'est le contribuable qui va payer des centaines de millions d'euros d'argent public, soit plus que la totalité des salaires annuels des 15 000 postes que l'on va supprimer dans l'Education nationale. Et autant que le déficit des hôpitaux publics, ou l'équivalent de quatre ans de Téléthon ! L'Etat va éponger les dettes que M. Tapie a accumulées toute sa vie et faire de lui une des premières fortunes françaises. Tout cela avec l'argent des impôts des Français alors que tous les jours on pressure des pauvres gens jusqu'au dernier centime. Je connais des personnes qu'on oblige à rembourser leur RMI parce qu'elles ont fait quelques heures au noir ! Et cet incroyable cadeau, mis à la charge du contribuable, a été fait en écartant les décisions de justice. Je vous le dis avec certitude : il est impossible qu'une telle décision ait été prise sans instruction formelle du pouvoir politique. Et je suis certain que la preuve peut en être faite.
Dans quel but ?
Il y a toujours eu des aventuriers qui jouaient avec les banques, avec le fisc. Mais d'habitude ils trouvent l'Etat en face d'eux, un Etat gendarme, pas un Etat complice. Alors quelles manoeuvres politiques, quels intérêts puissants sont ici en jeu, dont personne ne sait rien, pour que l'on porte ainsi atteinte aux principes fondamentaux de l'Etat ? C'est pourquoi une commission d'enquête parlementaire est nécessaire. Elle doit comprendre les rouages et les ressorts de cette affaire sans précédent.
« Ils veulent chasser Devedjian pour mettre en place Jean Sarkozy »
Que vous inspire la volonté de Patrick Devedjian de « nettoyer les écuries d'Augias » des Hauts-de-Seine ?
Les écuries d'Augias, c'est quand la corruption envahit tout. Que Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, successeur de Charles Pasqua et de Nicolas Sarkozy à la présidence du conseil général, emploie une telle expression montre à quel degré de décomposition on en est arrivé ! Il est assiégé et se décide à dire ce qu'il vit tous les jours. Ils veulent le chasser pour mettre en place Jean Sarkozy !
François Fillon ne souffre pas plus que d'autres avant lui, a dit Nicolas Sarkozy. Qu'en pensez vous ?
Il est loin le temps des joggings partagés...
Le président ne voulait-il pas plutôt parler de l'effacement de M. Fillon ?
Il dit crûment et méchamment l'idée qu'il se fait du Premier ministre.
source Leparisien.fr
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10 juillet 2008
INTERVIEW DE FRANCOIS BAYROU PAR LE FIGARO
LE FIGARO. - Quel jugement portez-vous sur la première année de la présidence Sarkozy ?
François BAYROU. - Le déficit français qui était en mai 2007 de 40 milliards d'euros - c'était déjà trop - est en mai 2008, après exactement un an de pouvoir, de 50 milliards. C'est très mauvais signe. Deuxièmement, jour après jour, on attaque tout ce qui charpentait solidement la société française, les fondations du modèle français. En une semaine, on a eu une série d'attaques blessantes contre l'armée, non seulement des mots très durs et offensants, mais une enquête de contre-espionnage pour identifier des officiers généraux qui ont livré au Figaro une analyse critique du livre blanc ! À ce compte, qu'aurait-on fait au colonel de Gaulle en 1938 ? Le lendemain même, l'annonce d'un plan sans précédent de prise de contrôle de l'audiovisuel, l'arrêt des recettes publicitaires dirigées vers les chaînes privées et la décision de nommer le président de France Télévisions par le pouvoir. Enfin, le ricanement humiliant pour les syndicats et les grévistes… Or l'armée, les syndicats, le service public, tout cela c'est la France, et c'est cela qu'on humilie. Dangereusement.
Pourquoi avoir voté contre la loi de modernisation économique ?
Pour les cadres, augmenter de dix-sept jours supplémentaires la norme de temps de travail, alors que le stress, la pression sont de plus en plus lourds, je suis sûr qu'ils le ressentent comme un choc et une déloyauté. En même temps, le manquement à la parole de l'État envers les partenaires sociaux est grave pour l'avenir. Je dis non.
Nicolas Sarkozy préside l'UE. Approuvez-vous ses priorités ?
Nicolas Sarkozy a dit samedi «Je suis président de la République et président de l'Europe». C'est un abus de langage et un enfantillage. A-t-on jamais entendu, dans les six mois précédents, Janez Janša, premier ministre de Slovénie, se présenter comme président de l'Europe ? Ce n'est pas Nicolas Sarkozy qui préside l'Union pour six mois, c'est la France qui a la responsabilité d'animer les institutions européennes. Les quatre «priorités», environnement, immigration, PAC et armement, méritent d'être soutenues, bien sûr. Mais la question principale, à mes yeux, c'est l'éloignement, la fracture, entre les peuples européens et les institutions, les peuples et les dirigeants.
Que devrait donc faire Nicolas Sarkozy ?
Répondre en termes simples et compréhensibles aux questions qui éloignent les peuples d'Europe de la gestion de l'Union. J'ai été frappé du référendum irlandais. Il y avait deux phrases qui revenaient tout le temps : la première, c'était «on n'y comprend rien»… Et c'est vrai que le traité prétendument simplifié est cent fois plus compliqué que le texte Giscard ! Et la seconde phrase, c'était «un petit pays comme nous, on va se faire bouffer…». Tous les peuples, y compris le nôtre, ont cette crainte de perdre leur identité et la maîtrise de leur destin. Or l'Europe, c'est le contraire, c'est fait pour protéger nos identités et notre destin.
Les Vingt-Sept ont donné lundi à Cannes leur feu vert au plan français sur l'immigration. N'est-ce pas une première victoire de la présidence française ?
Je vous le dirai quand nous aurons les textes définitifs, s'ils arrivent, à l'automne. En attendant, en France, le rapport Mazeaud porte un jugement incroyablement dur sur les politiques de quotas, qui n'ont réussi dans aucun pays dans le monde. Je suis pour une politique de prise en compte des immigrés qui s'intègrent, notamment par le travail.
L'UMP entend maintenir un référendum avant l'adhésion de la Turquie. Y êtes-vous toujours opposé ?
Vous savez les réserves que je n'ai cessé d'exprimer sur l'adhésion de la Turquie. Mais on ne peut pas, on ne doit pas, demander à un peuple de rejeter un autre peuple. Imaginez l'offense et donc les risques…
Que pensez-vous du projet d'Union pour la Méditerranée ?
Je ne sais pas ce que c'est ! Quarante-quatre pays devraient y être associés. Quand on voit les difficultés de l'Europe à 27, imaginez à 44 ! Pour l'instant, cela m'apparaît largement comme de la communication…
Êtes-vous choqué par la présence de Bachar el-Assad le 14 Juillet ?
Il y a trois semaines à peine, à Beyrouth, on assurait aux Libanais : «Les coupables des assassinats seront punis»… Et le 14 Juillet, à Paris, on va apporter au dirigeant syrien la reconnaissance internationale et son plein retour dans le jeu des nations ! Et cela sans qu'il y ait eu l'expression du moindre regret ou du moindre changement de ligne.
Approuvez-vous le fait que le président parle devant l'UMP ?
On ne devrait pas accepter cela. Le président de la République cesse d'être le président de tous les Français dès l'instant qu'il s'affiche comme chef de parti. Au lieu d'être l'homme de la nation, il se fait le porte-parole d'un clan. Il n'est plus la figure du rassemblement et de la réconciliation. Il devient une figure d'affrontement et de fracture. C'est la fonction elle-même qui est ainsi mise en cause.
Tout cela pourrait-il vous conduire à faire alliance avec le PS ?
Pour proposer au pays un destin autre que celui vers lequel on l'amène, il faudra des alliances larges. Les socialistes sont aujourd'hui devant de grandes difficultés de ligne et aussi de leadership. Donc, pour l'instant, ils s'enferment. Mais un jour, ils seront bien obligés d'ouvrir les yeux. Je pense aussi aux gaullistes. Ils vont vivre le choc du retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan et le renoncement de ce qui faisait, symboliquement, l'originalité de la France dans le monde. Un jour, tous ceux-là se ressaisiront. Ce n'est plus pour moi affaire de partis ou de courants. C'est la France qui est bouleversée dans sa vocation historique, et je connais notre pays : dans ses profondeurs, il ne l'acceptera pas. En tout cas, c'est mon engagement.
N'y a-t-il pas des réformes qui trouvent grâce à vos yeux ?
Bien sûr que si ! La décision sur le contrat de travail, l'intéressement, même les heures supplémentaires, tout ce que j'ai défendu hier, je l'approuve aujourd'hui.
Jean Arthuis a réuni vingt et un parlementaires centristes. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
Quand on vit des moments historiques, et je crois que c'est le cas, il y a toujours des gens pour grenouiller, manœuvrer avec l'espoir de se retrouver dans les petits papiers du pouvoir. Et aller chercher comme égérie Christine Boutin, il fallait le trouver ! Ils se disent «centristes». Pour moi, je ne crois au centre que s'il est indépendant, courageux, rebelle, visionnaire. Toute autre attitude conduit à l'inexistence et au dérisoire.
Que pensez-vous des déclarations de Ségolène Royal qui fait un lien entre le cambriolage de son appartement et sa dénonciation du «clan Sarkozy» ?
Franchement, je n'en pense rien…
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09 juillet 2008
MARIELLE DE SARNEZ SUR LE TALK DU FIGARO
<p>La vice-présidente du MoDem était l'invitée du Talk Orange-Le Figaro.</p>
08:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarnez, modem, figaro, interview
03 juin 2008
FRANCOIS BAYROU SUR LCI LE 3 JUIN
12:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, interview, lci, institution
15 mai 2008
FRANCOIS BAYROU SUR FRANCE INFO LE 14 MAI
12:45 Publié dans MODEM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, france info, interview
22 avril 2008
FRANCOIS BAYROU SUR BFM TELE/RMC 22 AVRIL 2008
13:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, interview, bfm, rmc



