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03 avril 2008
REFLEXION DE FRANCOIS BAYROU SUR L'ENVOI D'UN CONTINGENT EN AFGHANISTAN
Deuxième réflexion : mais si cette décision est pensée dans un autre cadre, comme prélude et gage au retour de la France dans l’organisation intégrée de l’OTAN, alors il s’agit de tout autre chose. Bien des déclarations ont été énoncées depuis la mise en place du nouveau gouvernement, indiquant, je cite le ministre de la défense, « qu’il fallait cesser de barguigner » et dare-dare reprendre dans l’organisation intégrée du traité de l’Atlantique nord, la place de dépendance dont la volonté du général de Gaulle nous avait sortis pour donner à la France le signe visible de son indépendance. Ceci est un grand sujet de préoccupation : nous avons eu à nous inquiéter encore récemment lorsque fut annoncé l’installation sur le détroit d’Ormuz, à Abou Dhabi, d’une base militaire interarmes, à quelques dizaines de miles marins de l’Iran. Ceci engage le destin de la nation, et le destin de l’Europe. L’indépendance de la France, c’est la garantie de l’indépendance de l’Europe. Bien entendu, tout le monde nous engage à retrouver notre place dans l’OTAN intégrée. Bien entendu, tout le monde, des forces considérables, plaident pour que nous renoncions à l’alliance libre pour entrer dans l’alliance contrainte. Raison de plus pour défendre au contraire la vocation d’indépendance dont la France a besoin, dont l’Europe a besoin, sinon son alignement est accompli. L’indépendance de la France, la France en a besoin, l’Europe en a besoin, et nous croyons que le monde a besoin, comme on l’a vu au moment de la guerre en Irak.
Dernière réflexion. Dans les circonstances budgétaires que l’on nous annonce, et auxquelles les décisions de gestion du gouvernement prises dès le début de son mandat, nous contraignent plus que jamais, il ne sera pas possible de maintenir des hommes sur des théâtres d’opération aussi divers que le Kosovo (2000 femmes et hommes), la Côte d’Ivoire (2400), le Liban (1500), le Tchad (1100), bientôt le Darfour (2000), le détroit d’Ormuz (au moins 500), et l’Afghanistan (2900) ! Un homme sur le terrain en raison de la règle des trois tiers, service, préparation, repos, oblige à la mobilisation de trois hommes. Ce sont donc si je compte bien presque 40 000 personnels de nos armées qui sont ainsi requis, avec les questions de logistique, d’équipement, d’armement qui se posent et qui suscitent vous le savez, dans leurs rangs, bien des débats. La multiplication de ces interventions n’a jamais été à portée des armes de la France, et en tout cas ne le sera pas dans l’avenir. Il y a comme un divorce entre ces interventions tous azimuts et les moyens qui sont ceux de notre armée. Ce divorce posera des problèmes considérables.
06:50 Publié dans MODEM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, afghanistan, otan