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18 avril 2008
HOMMAGE DE FRANCOIS BAYROU A AIME CESAIRE
A l'annonce de la disparition d'Aimé Césaire jeudi 17 avril, François Bayrou avait tenu à exprimer son émotion :
"Au moment où Aimé Césaire disparaît, je pense aux visages différents d'une vie si pleine et si riche.
Je pense au jeune garçon qui arrive, au début des années 30, en hypokhâgne au Lycée Louis le Grand. Le destin fait qu'il se trouve alors dans la même classe que Léopold Sedar Senghor. Et ces deux destins croisés, ces deux hommes qui commencent, vont changer la vie de beaucoup d'Africains, de beaucoup d'Antillais, et de tant d'autres, à la peau noire, qui trouvent alors orgueil et fierté, permettant que se redressent des générations jusque là trop souvent courbées.
Je pense au jeune professeur, revenu avec sa femme sur sa terre des Antilles. Je pense aux générations qui furent marquées par son enseignement, et à ceux qui eurent la chance de recevoir de ses mains le flambeau de la pensée et de la langue, en particulier à Edouard Glissant.
Je pense au poète, à celui dont la langue précise et volcanique animait à la fois le pamphlet politique et la poésie.
Je pense à l'élu, à l'homme politique, maire de Fort de France pendant plus de cinquante ans, député pendant des décennies, qui fut à la fois à l'Assemblée nationale et sur sa terre de Martinique, une vigie pour des générations. Je pense au militant qui forgea une pensée politique pour les siens, rejetant le colonialisme et capable en même temps de dire non au stalinisme.
Je pense au sage que l'on visitait, à la longue rencontre qu'il m'accorda en 2006, au veilleur dont les yeux devenus fragiles voyaient si souvent au-delà de l'horizon. Cet homme-là, cet homme aux visages multiples, mérite la reconnaissance des hommes debout."
17:52 Publié dans MODEM | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, cesaire, martinique, litterature




Commentaires
Il faudrait penser AUSSI à réintroduire (et le dire) les deux oeuvres de Césaire - inscrites au programme du Bac, puis retirées un an après - lorsque François Bayrou était ministre de l'Education Nationale (mars 1993-mai 1995)
Informé dans le détail sur cette triste affaire, Aimé Césaire ne comprenait pas qu'il fut censuré "à l'école"...
Ecrit par : JJL | 09 mai 2008
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